Ma pratique explore le sumi-e comme un langage contemporain de simplicité, de présence et de profondeur. Chaque trait est irréversible; cette contrainte crée un équilibre fragile entre maîtrise et abandon...................
Elle devient le reflet de mes émotions, de ma sensibilité et de mon vécu : une expression profondément personnelle qui, paradoxalement, peut rejoindre quelque chose d’universel...
Mon travail commence par un temps d’observation et de silence. Je cherche moins à reproduire fidèlement un sujet qu’à saisir son énergie, son rythme et la sensation qu’il laisse. Avant de toucher le papier, je prépare l’encre, j’observe la respiration du pinceau et j’imagine la place que le vide devra conserver.
Ma recherche actuelle introduit des pigments comme contrepoint au noir de l’encre. Cette couleur ne cherche pas à décorer l’image; elle agit comme une présence poétique, une profondeur ou un éclat qui déplace le regard. Chaque œuvre devient ainsi une rencontre entre tradition japonaise, expérience personnelle et liberté du présent.
Les motifs naturels — branche, fleur, fruit, bambou ou paysage — deviennent des états intérieurs. Les Quatre Gentilshommes m’offrent un vocabulaire ancien de souplesse, de persévérance, de renouveau et de discrétion. Je les aborde avec respect, sans les figer, afin que chaque composition demeure personnelle et contemporaine.
J’alterne l’encre dense et les lavis transparents, les gestes rapides et les pauses. Les accidents du papier, la diffusion de l’eau et les irrégularités du trait ne sont pas des défauts à effacer : ils témoignent du moment où l’œuvre a pris forme et participent à son caractère vivant.
J’ai commencé à peindre pour trouver un équilibre, me détendre et créer un espace où je puisse retrouver le calme. Plus particulièrement, c’est ce style de peinture — l’encre, le noir et blanc, quelques accents de couleur, dans une composition épurée — qui m’apaise et me permet de ralentir.
Le reste est du bruit. Arrêtons-nous un instant et plongeons dans cet univers. Laissons le reste derrière nous pour retrouver notre attention sur nous-mêmes et sur ce qui compte vraiment.
Arrêtons de vivre à travers la vie des autres et prenons le temps de nous reconnecter à nos propres besoins, à notre propre rythme.
Chaque fois que je me sens dépassée par les événements, le stress ou la surcharge cognitive, je prends un pas de recul. Et lorsque je ne peux pas m’asseoir pour peindre, je trouve dans mes peintures un chemin vers la tranquillité et le recentrage.
C’est exactement ce que je souhaite transmettre à travers mes créations : offrir un moment de pause, presque méditatif, où l’on peut se perdre dans les nuances de gris et de noir, ponctuées de traits énergiques.
La douceur pour ralentir et apaiser.
L’énergie pour avancer.
Et, peut-être, pour retrouver le chemin qui est le nôtre.